Arrestation Prison
Introduction
Arrestation Prison
Le train de la mort
Le camp de Dachau
Le camp de Neckarelz
Le camp de Vaihingen
La libération
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« extraits de l’ouvrage »

… une circulaire de Vichy impose à tous les jeunes nés en 1924, de se faire recenser dans leur mairie, afin d’établir des listes de main d’œuvre pour le S.T.O. en Allemagne. (Service du Travail Obligatoire, instauré en février 1943)
Vous êtes né en 1924, cette circulaire s’applique donc à votre cas.
Quel choix faites-vous ?
Je refuse. Pour ma part, il n’était pas question d’aller travailler en Allemagne pour deux raisons. La première est que mon père, grand mutilé de la guerre 14-18, a, tous les matins, des soins qui durent vingt minutes …

… La deuxième raison est mon esprit patriotique. A l’époque, j’ai même une idée bien arrêtée, celle de rejoindre l’Angleterre …

… Quand partez-vous ?
Dès le 1er février, mes parents me voient partir le cœur gros. Sur le chemin qui mène à la gare, je croise Monsieur Faure. Il est résistant et avait été mon professeur d’histoire géographie. Il me questionne, me demande si j’ai un point de chute, et ayant répondu affirmativement, me conseille d’avoir une autre carte d’identité qu’il se propose de me faire passer par l’intermédiaire de ma belle-sœur, à Chatellerault …

… un matin nous allons Maurice, Marcel et moi-même faire des fagots, dans un champ en contrebas de la maison.
Nous ne tardons pas à voir arriver un petit groupe de personnes dans notre direction, et même si Maurice a reconnu de loin son ami Edgar, nous ne savons pas qui l’accompagne. En fait c’est la Gestapo. Le premier réflexe de mon cousin est donc de me dire de me cacher dans la haie, ce que je fais en vain car ma cachette est repérée. Quelqu’un braque son arme sur moi et je suis obligé de rejoindre les autres …

« extraits de l’ouvrage »

… Vous arrivez à la prison de la Pierre Levée, vous sépare t-on de vos compagnons de voyage ?
Tout à fait, chacun se retrouve dans une petite cour triangulaire, sans nourriture jusqu’au soir.
A la nuit tombée, et toujours en prenant garde de nous séparer, on nous fait entrer dans le bâtiment de la prison pour nous donner une paillasse et une couverture…

… Bilan ?
J’ai la mâchoire fracturée à coups de poing, je crache trois molaires sur la table, j’ai le dos labouré à coups de nerf de bœuf et j’en passe, je n’en peux plus. J’arrive dans un sale état dans ma cellule et M. Monestier s’occupe de mon état physique comme de mon état moral …

… A quoi peut bien servir cette cellule ?
Certainement à rassembler les prisonniers avant qu’ils ne partent. D’ailleurs je pense que notre départ en train est proche, mais dans la nuit du 21 au 22 juin, la gare de Poitiers est bombardée …

...Savez-vous où l’on vous conduit ?
Absolument pas. Nous roulons toute la journée, debout dans le camion. Je me souviens avoir traversé Orléans et peu après, des avions alliés ont survolé notre convoi. En conséquence, nous nous arrêtons au bord de la route pour nous jeter dans les fossés, les gardiens en premier ...

histoire d'un déporté 23/03/02
Copyright Maryline RENAUD